Yonatan Berg — Donne moi encore cinq minutes (2015 [he], 2017 [fr])

Donne moi encore cinq minutes suit séparément deux jeunes hommes, deux anciens amis issus de la même colonie en Cisjordanie. Nationaliste et religieuse, la colonie est accolée à un village arabe. Après son service militaire, Yoav quitta la colonie, s’éloigna de la religion et parti faire des études de cinéma à Tel Aviv. Bnaya y resta, y fonda une famille et enseigne dans la Yeshiva qui y est attachée. Lors d’une rave party, Yoav fait un bad trip et revit un traumatisme de son service militaire. Il est hanté par les visages morts d’un de ses camarades et du jeune Palestinien qu’ils étaient censés arrêter. Bnaya vit des temps difficiles avec sa femme, alors que la colonie est menacée d’expulsion et qu’un de ses voisins se fait harceler par des jeunes de la colonie. Yoav et Bnaya entament séparément une réflexion sur eux-mêmes, sur la vie qu’ils mènent, sur leur passé et leur avenir.

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Zeruya Shalev — Douleur (2017)


Mon compte rendu de cet excellent roman vient d’être publié sur le site Parutions : <http://parutions.com/index.php?pid=1&rid=1&srid=121&ida=18493>. Rendez-vous là-bas pour lire tout le bien que j’en pense !

Zeruya Shalev, Douleur, trad. Laurence Sendrowicz, Paris, Gallimard, 2017. ISBN : 978-207-01-7817-9.

צרויה שלו, כאב, ירושלים, כתר, 2015. מסת״ב: 978-965-07-2377-4.

Yoram Kaniuk — 1948 (2012)

« On avait froid et plus rien pour nous couvrir. Soudain, on entend des cris. Quelqu’un débarque, nous secoue, nous nous réveillons dans une terrible obscurité, et le type nous explique d’une voix rauque, il rit et pleure en même temps, que quelqu’un a entendu quelqu’un annoncer sur un transistor que Ben Gourion venait de créer un État. Il a ajouté, je vous serais infiniment obligés (nous utilisions encore ce genre de formule) de chanter maintenant l’HaTikva. En quel honneur ? Avons-nous rétorqué à ce plouc, nous, mêmes les paroles, on ne les connaît pas par cœur, et d’ailleurs où donc Ben Gourion a-t-il créé son État ?

À Tel-Aviv, d’après ce qu’on m’a dit, a-t-il répondu.

Écoute, nous, on est assiégés dans Jérusalem, à Bab-el-Oued, ici, il n’y a pas d’État, Jérusalem n’est pas incluse dans l’État de Tel-Aviv… Sur ces mots, on s’est rendormi. »

Extrait de 1948, traduction de Laurence Sendrowicz.

Arrivé à la fin de sa vie, Yoram Kaniuk raconte dans ce roman comment il a vécu la guerre d’indépendance de 1948. Il prend le contre-pied du récit israélien héroïque et de la légende dorée qui se sont développées autour du groupe armé d’élite dans lequel il était incorporé, le Palmah.

Kaniuk raconte une histoire de troufion. Les héros combattants les armes à la main pour la création de leur pays sont ici des gamins mal préparés, mal équipés qui n’ont pas vraiment conscience de ce qu’ils sont en train de faire.

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Ayelet Gundar-Goshen — Une nuit, Markovitch (2016)

Mon compte rendu de ce roman vient d’être publié sur le site Parutions : <http://parutions.com/index.php?pid=1&rid=1&srid=452&ida=18267>. Rendez-vous là-bas pour lire tout le bien et le mal que j’en pense ! Sur cette page je note quelques ressources supplémentaires autour du roman.

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