Igal Mosinzon — Hasamba, dans les aventures des cachettes de la couronne d’or mystérieuse du roi David à Jérusalem (1982)

Hasamba est une série de petits romans populaires pour la jeunesse écrite par Igal Mosinzon [he] (1917-1994). Hasamba (חסמבה) est un sigle signifiant  « la bande du secret complètement absolu » (חבורת סוד מוחלט בהחלט). Cette bande est composée d’enfants, c’est un genre de club des cinq, version espionnage. Il y a deux générations, la première, écrite de 1950 à 1966,  agit pour le compte de la Hagana contre les Britanniques. La deuxième, écrite de 1970 à 1994, agit cette fois après la fondation de l’État d’Israël. Les retours sont multiples sur la série : beaucoup d’Israéliens ont adoré les histoires enfants, ils se rappellent avec nostalgie le moment où ils les ont lu et la joie que cela leur a procuré. Ceux qui relisent les livres des années après peuvent être terrifiés par le racisme, le nationalisme qui s’en dégage. Au début des années 2000 on chercha à rééditer les premiers, les plus réussis, en en retirant les éléments les plus gênants.

Un ami qui partait en Israël me demanda si je voulais qu’il me rapporte quelque chose, je répondis « Hasamba » ! On ne les trouve plus que d’occasion. Et voici celui qu’il m’apporta : Les aventures des cachettes de la couronne d’or mystérieuse du roi David à Jérusalem. Le titre à rallonge donne une idée du style enthousiaste de Mosinzon (il y a des figures de style qui sautent dans ma traduction). J’aime vraiment bien la plume énergique de l’auteur. Il y a là quelque chose qui va de l’avant, qui donne un mouvement volontaire. On comprend bien comment la série devint très populaire. Physiquement, c’est un petit livre à la couverture souple et au papier de mauvaise qualité. Il est abondamment illustré par Giora Rothman [he] (qui est aussi un architecte toujours en activité). Le côté bon marché et criard est en soi un premier petit bonheur. La qualité laisse tellement à désirer que certaines pages ne sont pas collées dans l’ordre ! Tout cela me ravit.

Je vais vous en parler ici en détail, mais je vais surtout développer certains aspects comme le racisme ou la représentation de la géographie de l’État, en les comparant à d’autres média, comme des manuels d’apprentissages de l’hébreu utilisés ou ayant été utilisés en France.

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