Festival littéraire Lettres d’Israël 2017

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C’est l’heure de la pause estivale ! Je vais vous laisser pendant un petit mois en attendant le festival Lettres d’Israël qui se déroulera à Paris du 8 au 18 septembre avec un programme très alléchant. À partir de la dernière semaine d’août et durant les semaines qui suivent, je vais essayer de mettre en avant trois œuvres qui seront à l’honneur dans ce festival (je ne sais pas encore dans quel ordre je publierai mes billets) :

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R. J. Palacio — Prodige (2012)

Je sais ce que vous allez me dire. Prodige n’est pas un roman israélien, c’est de la littérature étatsunienne. Alors oui, voilà, j’ai lu ce livre en hébreu et dans sa version originale, en anglais, en me disant que cela serait intéressant de voir comment les Israéliens adaptaient ce genre de littérature et je n’ai pas été déçu : Prodige est un roman très sympathique et c’est encore mieux en hébreu.

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Luna Abu Nassar — Asaper Lech (2014)

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La douceur acidulée du projet folk de Luna Abu Nassar est aux antipodes de la virulence endiablée de l’équipage de rap System Ali auquel elle contribue. Dans une ambiance beaucoup plus intimiste, elle est ici accompagnée d’un autre guitariste et d’un percussionniste. Elle écrit, joue et chante une musique subtile qui interpelle.

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Yoel a dit (2015)

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Yoel a dit, fantaisies et mélodies pour les enfants est l’enregistrement des chansons d’un spectacle musical inspiré d’un livre de Yoel Hoffman : En février, cela vaut le coup d’acheter des éléphants. Je suis tombé dessus en parcourant l’étiquette « Tel Aviv Yafo » de Bandcamp et j’ai tout de suite accroché. Je ne suis pas le seul, le spectacle a fait sa première au festival international de théâtre pour enfant de Haïfa et a obtenu quatre prix : prix du meilleur spectacle, du meilleur script, de la meilleure direction et de la meilleure musique.
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Etgar Keret — Soudain, un coup à la porte [he] (2010)

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J’ai essayé de commencer Deux ours de Meir Shalev (שתיים דובים), mais c’était un peu dur. Et gros. Après avoir fini Douleur de Zeruya Shalev, j’avais besoin de quelque chose de rassurant. Quelque chose qui me donne l’impression de bien comprendre l’hébreu. Etgar Keret est parfait pour ça.

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Amos Gitaï — Kippour (2000)

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Kippour est un film spécial pour moi. C’est le film qui m’a donné envie d’apprendre l’hébreu et de me plonger dans la culture israélienne. Certes, il y a eu beaucoup de choses avant qui ont nourri mon intérêt pour Israël ou la Palestine et sans lesquels le déclic n’aurait pas eu lieu. Un déclic, c’est un moment impressionnant où le plateau d’une balance, à force d’être chargé bascule de l’autre côté. Le changement peut étonner. Pourquoi cet intérêt ? Es-tu juif ? As-tu des racines juives ? De l’extérieur c’est impressionnant, à l’intérieur on se sent toujours un peu la même personne. Le changement étonne parce qu’il paraît brusque. On ne voit pas le poids de tout ce qu’il y avait avant. En comparaison le déclic est anecdotique. Il est aussi insignifiant face à la somme de l’investissement qui suit, ici une l’étude active d’une langue et d’une culture. Malgré cela, j’ai toujours un attachement particulier pour ces moments, ces œuvres qui, comme Kippour, modifient l’équilibre de mes passions et de mes intérêts.

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Zeruya Shalev — Douleur (2017)


Mon compte rendu de cet excellent roman vient d’être publié sur le site Parutions : <http://parutions.com/index.php?pid=1&rid=1&srid=121&ida=18493>. Rendez-vous là-bas pour lire tout le bien que j’en pense !

Zeruya Shalev, Douleur, trad. Laurence Sendrowicz, Paris, Gallimard, 2017. ISBN : 978-207-01-7817-9.

צרויה שלו, כאב, ירושלים, כתר, 2015. מסת״ב: 978-965-07-2377-4.

Zichronot MeUtopia (2017)

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Zichronot MeUtopia
(Souvenir d’une utopie) est l’album d’un voyage halluciné dans une mégapole où les gens sont écrasés par le béton et où les seules lumières sont jaunes ou rouges. L’album dégage une atmosphère angoissée proche du cyberpunk. Nous nous retrouvons pris dans une recherche mystique de sens à la vie où l’on se rassure en s’oubliant dans le sexe et la drogue.

Les textes sont des poèmes écrits en hébreu parlé, ils sont déclamés, parfois chantés, avec des pointes d’emphases, avec ou sans accompagnement musical. Le procédé rappelle un groupe comme King Missile, sauf que la musique ici est plus indus.

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Yoram Kaniuk — Pierre (2013)

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« Pierre n’est pas né. Il s’est donné la vie à l’intérieur d’une poubelle de Ramat Gan. Ma fille l’a trouvé dans cette poubelle à côté de Beit Zvi [célèbre école d’acteurs]. Il avait à peu près un mois. Un chiot gris noir, il était couché, tremblant dans les ordures, il s’est assis au milieu de la puanteur et a regardé ma fille avec des yeux qui se sont ouverts en son honneur, depuis le désespoir dans lequel il est né.

Elle fut la première personne qui au-delà de le regarder, l’a aussi vu. »

Yoram Kaniuk, Pierre, 2013.

Pierre Kaniuk est mort très vieux, à 20 ans, sourd, aveugle, dévoré par le cancer. Un de ses maître, le célèbre écrivain Yoram Kaniuk ne se remet pas de sa mort. Il écrit un récit poignant où il se rappelle des épisodes de la vie de son chien. Il décrit avec amour sa personnalité et se lamente de sa mort. Qu’un chien comme Pierre puisse mourir est pour lui une preuve d’absence de justice dans ce monde. L’auteur est à ce point abattu qu’il confesse ne pas avoir été aussi triste pour la mort de ses parents.

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HaMassach HaLavan (2016)

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Imaginez un genre de Marylin Manson avec le sens de l’humour et de l’autodérision, obsédé par la couleur blanche, jouant un rock déglingué et vous aurez une première idée approximative du groupe telavivien. HaMassach HaLavan, l’écran blanc, s’amuse à provoquer avec des thèmes classiques : sexualité, drogue, immoralité… Classique, mais réussi, d’autant que la musique est réjouissante. Parlons un peu de leur album éponyme, sorti fin 2016 :

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