Hila Ruach — rofaa ba maarav (2015)

« Une ourse grizzli m’a élevée,
Le lait d’étoiles était ma nourriture la plus chère,
La première chose que je vis des jours de ma vie et dont j’avais l’intention de me rappeler,
C’était moi. Comment pourrais-je oublier ? »
Yona Wallach — Ourse Grizzli.

a1512707431_10Le titre de l’album de Hila Ruach, rofaa ba maarav (רופאה במערב), « femme médecin à l’ouest », est-il une référence au sous-titre hébraïque de la série Docteur Queen, femme médecin, et si oui, que signifie-t-elle ? Je ne suis pas sûr de comprendre et ce n’est pas très grave. Ce qui est important, c’est de savoir que c’est un de mes albums de rock indé israélien préféré. C’est sur ourse grizzli (douba grizzlit, דובה גריזלית), un texte de Yona Wallach, que tout commence. Le poème est prononcé avec une voix détachée, soutenue par une grosse basse appuyée d’une batterie, de guitares électriques et de synthétiseurs. Je suis tombé amoureux du disque lors de ma première écoute, au moment où Hila chante « comment pourrais-je oublier » (‘aich ‘ouchal lishkoah, איך אוכל לשכוח). J’ai mis plus ou moins de temps à apprivoiser les autres pistes, mais le verdict est sans appel : cet album est un bijou.

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Yirmi Pinkus — Célibataires et veuves (2017)

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J’avais très envie de lire ce recueil de quatre nouvelles, unanimement salué par la critique. Il est fait d’histoires de paliers, de corridors et de voisinage dans le vieux nord telavivien, à l’exception de la quatrième histoire se déroulant en Suisse. Falots, feutrés, solitaires, souvent distants, les héros ashkénazes transpirent dans ces récits une politesse froide qui exprime rarement son opinion, mais n’en pense pas moins.

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Festival du cinéma israélien de Paris du 13 au 20 mars 2018

La 18e édition du festival du cinéma israélien de Paris aura lieu au Majestic Passy du 13 au 20 mars 2018. La programmation est riche et passionnante. Je regrette de ne pouvoir assister aux débuts du festival, j’essaierai de me rattraper en fin de semaine !

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Hadas Kleinman, Aviv Bachar — Pa’am akhat (2017)

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Bachar et Kleinman, duo folk voire folktronica, propose ici un album très doux, très calme, plein de mélancolie, de mal-être, de poésie. La musique triste a la délicieuse vertu de me rassurer, je recommande particulièrement celle-ci pour accompagner agréablement les insomnies. Pa’am akhat (une fois, פעמ אחת) a été enregistré durant un hiver à Berlin. L’album est à l’image des photos du duo dans l’album : en noir et blanc, sombre, dépouillé, réfléchi,  élégant, contemplatif. Les paroles sont simples, en hébreu parlé, elles évoquent la solitude, la peur, la séparation, l’éloignement.

Plus je l’écoute, plus je l’aime.

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Ron Cahlili — Hatsarfokaïm (2018)

Tsarfokaï (צרפוקאי) est un mot valise méprisant composé de Tsarfati (français, צרפתי) et Marokaï (Marocain, מרוקאי). Il désigne les Français originaires du Maghreb qui ont fait leur alya ces dernières années (environ 40 000 nouveaux migrants).

En début d’année, Ron Cahlili (רון כחלילי) a sorti pour la télé publique (כאן 11, Kan 11) un documentaire en trois volets parlant de cette alya. Le documentaire s’appelle les Tsarfokaïm (הצרפוקאים). Je suis resté collé à mon écran plusieurs soirs, revenant sur certaines rencontres, sur des conversations à bâtons rompus… Cahlili donne à réfléchir sur Israël, sur la France, sur les politiques d’accueil et d’intégration des migrants, sur le racisme et les prophéties autoréalisatrices en général. Le documentaire est un genre dont je me méfie et je suis assez étonné d’avoir eu à ce point envie de vous parler de celui-ci, d’autant que le sujet est facilement polémique. Mais voilà, j’avoue que là, je me suis pris une bonne claque.

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Ensemble Hapiyout — Arba Otiyot, chants sacrés du Maghreb occidental (2017)

Le piyout est un chant religieux juif qui ne m’a jamais attiré plus que ça. Pourtant, je suis tombé complètement amoureux de cet album de l’Ensemble Hapiyout (אנסמבל הפיות, l’ensemble du piyout, the piyut ensemble) de l’institut Ben Tzvi (un centre d’étude sur les Juifs orientaux) en partenariat avec le centre de recherche de musique juive de l’université hébraïque de Jérusalem. L’album s’intitule Arba Otyot (ארבע אותיות, quatre lettres) en référence au tétragramme sacré.

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Amir Ziv — Quatre pères [he] (2017)

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Hé bien. Cela fait quelque jour que j’ai posé le livre et il continue de me tourmenter. Voilà un roman sur la paternité qui remue, écrit avec beaucoup de style et d’inventivité.

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Talya Eliav chante Barbara et autres reflets culturels

S’intéresser à une culture, c’est parfois recevoir un miroir de la sienne. D’une certaine manière, les œuvres que j’aborde ici ne sont pas représentatives de la culture israélienne dans le sens où je me concentre sur la création israélienne en hébreu, que beaucoup d’Israéliens ou d’Israéliennes choisissent d’ignorer pour regarder des séries américaines sur Netflix ou lire des polars anglais ou suédois. Pour alimenter ce blog, je parcours les pages cultures de Haaretz et d’Id’iot Aharonot et une bonne partie de leurs articles sont consacrés à des créations internationales, majoritairement occidentales et plus particulièrement américaines.

Cependant, la France est encore présente, dans des traductions littéraires, grâce à quelques films, et encore grâce à ses chanteurs et chanteuses de la génération passée. J’ai ainsi plusieurs fois écouté Brassens, le vendredi après-midi sur la radio de l’armée. Mais je suis vraiment tombé des nues en découvrant le travail de Talya Eliav et ses traductions de Barbara en hébreu.

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Un an d’histoires et de chants

Et voilà, cela fait un peu plus d’un an que j’écris ce blog et je suis toujours aussi heureux de l’alimenter ! C’est un exercice un peu prenant, mais qui me permet aussi de mesurer mes progrès et de garder une trace de mes lectures. Vous avez peut-être vu dans le menu du blog des liens vers le réseau social dédié à la lecture : GoodReads. Je m’y suis récemment créé un compte. N’hésitez pas à m’y rejoindre. C’est sans doute à cet endroit que vous pourrez découvrir que je ne lis pas que de la littérature hébraïque. J’ai aussi ajouter un lien vers mon blog « pro », Eproto, si la vie d’un informaticien dans la fonction publique vous émeut.

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Neta Hoter — Rappelez moi qui vous êtes [he] (2017)

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« Rosemary est un être humain très particulier avec une vision du monde, mmhh, atypique. Mais de l’affection, il n’y en aura pas, il est probable qu’il y aura aussi des difficultés selon son état mental que je vous détaillerai plus tard…Disons que ce sera une expérience.
— Les expériences, rétrospectivement, c’est de la souffrance.
— N’exagérons pas.
— Pourquoi je signerais pour six mois de souffrance ?
— Parce que vous recevrez trente mille [shekels] par mois [environ 7200 euros].
— Ok, elle essaye de garder un air indifférent, ça peut le faire. »

Sorti en 2017 et pas encore traduit, Rappelez-moi qui vous êtes est un roman sympathique, rafraîchissant et plein d’humour. À trente-cinq ans, Daniela (Didi) n’est toujours pas remise de sa dernière rupture avec un compagnon fortuné. Elle est rétrogradée dans un appartement d’une pièce et coincée dans un boulot pas terrible. Elle reçoit une proposition inattendue pour écrire la biographie d’une vieille dame, Rosemary Worcell. Elle est recrutée par Osher, l’assistant particulier de Rosemary. Lui-même vient de se faire larguer par son mec et le vit assez mal. Pour mener ses recherches sur Rosemary, Didi fait appelle aux services de Roy, son voisin monteur vidéo qui se débrouille en informatique. Roy est un geek bodybuildé plutôt coincé qui vit reclus chez lui. Et enfin Rosemary, elle-même, est une vieille dame riche pas franchement facile. À la suite d’une agression, elle a perdu la mémoire. Elle veut que Didi lui écrive l’histoire de la vie qu’elle a oublié.

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