Amir Ziv — Quatre pères [he] (2017)

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Hé bien. Cela fait quelque jour que j’ai posé le livre et il continue de me tourmenter. Voilà un roman sur la paternité qui remue, écrit avec beaucoup de style et d’inventivité.

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Neta Hoter — Rappelez moi qui vous êtes [he] (2017)

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« Rosemary est un être humain très particulier avec une vision du monde, mmhh, atypique. Mais de l’affection, il n’y en aura pas, il est probable qu’il y aura aussi des difficultés selon son état mental que je vous détaillerai plus tard…Disons que ce sera une expérience.
— Les expériences, rétrospectivement, c’est de la souffrance.
— N’exagérons pas.
— Pourquoi je signerais pour six mois de souffrance ?
— Parce que vous recevrez trente mille [shekels] par mois [environ 7200 euros].
— Ok, elle essaye de garder un air indifférent, ça peut le faire. »

Sorti en 2017 et pas encore traduit, Rappelez-moi qui vous êtes est un roman sympathique, rafraîchissant et plein d’humour. À trente-cinq ans, Daniela (Didi) n’est toujours pas remise de sa dernière rupture avec un compagnon fortuné. Elle est rétrogradée dans un appartement d’une pièce et coincée dans un boulot pas terrible. Elle reçoit une proposition inattendue pour écrire la biographie d’une vieille dame, Rosemary Worcell. Elle est recrutée par Osher, l’assistant particulier de Rosemary. Lui-même vient de se faire larguer par son mec et le vit assez mal. Pour mener ses recherches sur Rosemary, Didi fait appelle aux services de Roy, son voisin monteur vidéo qui se débrouille en informatique. Roy est un geek bodybuildé plutôt coincé qui vit reclus chez lui. Et enfin Rosemary, elle-même, est une vieille dame riche pas franchement facile. À la suite d’une agression, elle a perdu la mémoire. Elle veut que Didi lui écrive l’histoire de la vie qu’elle a oublié.

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Orly Castel-Bloom — Dolly City (1992)

Dolly City, ça y est j’ai enfin lu Dolly City ! C’est le premier roman d’Orly Castel-Bloom, celui qui a fait scandale à sa sortie, qui a propulsé Castel-Bloom au rang d’écrivaine la plus géniale de sa génération. Je me le réservais pour le moment où je serai suffisamment à l’aise en hébreu. J’attendais avec impatience de pouvoir lire l’œuvre phare d’une de mes autrices préférées. Au bout de quelques pages, je suis allé emprunter la version française, pour m’assurer que je comprenais bien ce que j’étais en train de lire en hébreu. J’ai découvert effaré que oui, ce que je lisais était bien ce qu’elle avait écrit.

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Eldad Ilani — L’Histoire parfaite (2009-2017)

Bon, j’ai un souci avec les histoires pour enfants. Quand je prends un livre pour enfants, j’ai un mal de chien à le lire normalement, pour le plaisir. J’ai toute une batterie de capteurs qui se mettent en alerte, comme si j’étais face à un outil de propagande sexiste ou capitaliste de la famille traditionnelle patriarcale. C’est très fatigant. Même l’histoire de la taupe à qui on a fait sur la tête me fait me demander comment cette œuvre encourage l’oppression des femmes ou de je ne sais qui d’autres. En vérité, c’est quelque chose qui m’arrive avec tous les livres, mais c’est décuplé avec la littérature jeunesse. Bref. Respirons fort, je lis aussi des livres pour enfants en hébreu.

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Ilan Heitner — L’homme qui ne voulait pas être petit [he] (2015)

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Ha ! Voici quelque chose d’intéressant : un auteur à succès israélien qui n’est pas importé en France ! Vous vous rappelez du copain qui devait m’acheter des livres à Tel-Aviv, qui avait oublié ma liste et qui est revenu avec une sélection de la libraire ? Ce livre d’Ilan Heitner était dedans. J’étais assez excité par sa lecture : il y avait assez peu de chance que je découvre ce livre via ma veille habituelle.

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Dorit Rabinyan — Sous la même étoile (2017)

Je ne me serais sans doute pas intéressé à Sous la même étoile sans le scandale qui a explosé à son propos. Je ne cours pas après les histoires d’amour et un Roméo et Juliette entre un Palestinien et une Israélienne me paraît être un exercice déjà beaucoup décliné dont je veux bien laisser la lecture à d’autres. Ha mais voilà, le ministère de l’éducation a retiré l’ouvrage des listes de livres que l’on peut utiliser dans l’enseignement au lycée,  au motif que l’œuvre est dangereuse pour la jeunesse. Elle aborde effectivement un sujet menaçant pour l’identité juive [musique stressante] : l’assimilation. Sans déconner. Évidemment tout Israël est allé s’acheter le livre pour se faire une idée, et moi aussi je l’ai lu. Hé bien sachez-le, c’est une très belle histoire d’amour et c’est essentiellement pour cela que ce livre devrait être lu.

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Meir Shalev — Un fusil, une vache, un arbre et une femme (2017)

En 1930 dans une moshava, 3 agriculteurs se sont suicidés. C’est du moins la version officielle des autorités anglaises. Tout le village, en revanche, sait que l’un des suicidés a été assassiné. Tout le monde sait par qui et pourquoi, mais se tait.

Un fusil, une vache, un arbre et une femme narre, de 1930 à nos jours, l’histoire de la famille Tvori dans cette moshava. Les chapitres sont une suite de textes de deux natures : soit des transcriptions verbatim d’entretiens entre une chercheuse en histoire et Rutha Tvori, soit des textes écrits par Rutha elle-même, qu’elle ne fait lire à personne. Rutha est la petite fille de Zeev Tvori, un pépiniériste de la moshava qui a laissé une empreinte forte dans la mémoire des autres. Les entretiens sont dans un hébreu relativement accessible, les textes de Rutha sont eux plus compliqués, ampoulés. Professeure de bible, elle aime manier une langue riche et jouer avec.

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David Grossman — Un cheval entre dans un bar (2015)

 


« Le public s’amuse. Et lui se protégeant les yeux de la main scrute la salle, désormais presque complètement plongée dans l’obscurité.
Il me cherche. »

— David Grossman, Un cheval entre dans un bar, traduction Nicolas Weill

Je n’avais pas très envie de lire ce livre, parce que je me disais que cela allait être un hébreu difficile et que cela allait être triste. Bien aussi, sans aucun doute, mais triste,  quoi. Puis Grossman a obtenu le prix international Man-Booker, je me suis encore dit que bon, ça devait être vraiment bien, mais que ça risquait d’être trop triste quand même. Et puis, j’ai vu qu’une lecture publique de son livre se montait avec Wajdi Mouawad. J’ai vu que Grossman viendrait à la Colline dans le cadre du festival Lettres d’Israël pour une rencontre avec Wajdi Mouawad et deux lectures en public. C’était très excitant, tout ça. Cela aurait été dommage d’y aller sans avoir lu le livre. Alors je l’ai lu, en hébreu. J’ai regardé çà et là la traduction française. J’ai assisté à la lecture-concert à la Colline. Hé oui, c’est triste, mais qu’est-ce que c’est bien.
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Festival littéraire Lettres d’Israël 2017

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C’est l’heure de la pause estivale ! Je vais vous laisser pendant un petit mois en attendant le festival Lettres d’Israël qui se déroulera à Paris du 8 au 18 septembre avec un programme très alléchant. À partir de la dernière semaine d’août et durant les semaines qui suivent, je vais essayer de mettre en avant trois œuvres qui seront à l’honneur dans ce festival (je ne sais pas encore dans quel ordre je publierai mes billets) :

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R. J. Palacio — Prodige (2012)

Je sais ce que vous allez me dire. Prodige n’est pas un roman israélien, c’est de la littérature étatsunienne. Alors oui, voilà, j’ai lu ce livre en hébreu et dans sa version originale, en anglais, en me disant que cela serait intéressant de voir comment les Israéliens adaptaient ce genre de littérature et je n’ai pas été déçu : Prodige est un roman très sympathique et c’est encore mieux en hébreu.

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