Échange avec Ala Hlehel à propos de son roman « Au revoir Acre »

La version hébraïque du roman palestinien Au revoir Acre d’Ala Hlehel est un de mes chouchous de cette année. Plus que d’habitude, j’avais envie de poser de nombreuses questions à son auteur, sur le livre, sur lui et sur la situation particulière des Palestiniens citoyens d’Israël. J’ai contacté Ala Hlehel et je le remercie vivement d’avoir bien voulu répondre à mes questions. Notre échange s’est fait en hébreu je le traduis ici en français. J’essaye en général de faire une traduction la plus littérale possible et n’hésite pas à tordre la syntaxe tant que la compréhension n’en pâtit pas trop. J’ai réécrit çà et là pour éviter un style trop lourd ou trop étrange en français.

Comment présentez-vous votre livre ? Qu’est-ce qui vous a fait écrire sur le siège d’Acre par Bonaparte ? Qu’est-ce qui, dedans, est historique et qu’est-ce qui ne l’est pas ?

L’idée du roman vient du poète Khana Abu Khana qui s’est adressé à moi en 2005. Il m’a dit : « j’ai commencé il y a près de 25 ans à faire des recherches sur le siège de Napoléon et il y a là une histoire très intéressante. Peut-être que tu pourrais écrire le roman à partir de mon travail ? » J’ai commencé à étudier l’idée et j’ai vraiment été captivé : du sang, de la sueur et beaucoup de larmes. Qu’a-t-on besoin d’autre pour un bon drame ?

Ce livre est à mes yeux une hybridation entre l’histoire et l’imagination, un genre d’acrobatie très développée entre la tentative de garder le cadre historique des événements et la grande liberté que permet la fiction littéraire.

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Lettres d’Israël 2018

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Ce n’est pas sérieux, je ne vous ai pas encore parlé de Lettres d’Israël alors que la session 2018 a déjà commencé… Bon, c’est « le », que dis-je « LE », que dis-je « LE (!!!) » festival littéraire hébraïque en France. Et cette année, il y en a partout (Lille, Paris, Strasbourg, Montpellier, Aix, Marseille…). Il y des événements presque en continue. Fort de ses succès précédents et de la saison croisée France-Israël le festival est devenu géant. C’est un peu comme au Hellfest ou à Rock en Seine : on ne peut pas assister à tout.

J’essaierai d’aller voir Yishaï Sarid, Itamar Orlev, Yirmi Pinkus et Asaf Hanuka. Aïe, aïe, aïe, j’espère qu’il reste des places !

Un pashkevil parodique

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Le pashkevil parodique.

J’ai réalisé une affiche de publicité pour le blog sous forme de pashkevil [en]. Pashkevil est un mot originaire du yiddish qui, après des détours étranges, vient de l’italien pasquinata : des placards satiriques collés sur la statue de Pasquin à Rome. Un pashkevil en hébreu ou en yiddish, c’est un placard collé dans un quartier ultra-orthodoxe qui donne des informations, mais le plus souvent qui accuse ou condamne avec virulences des hommes, des femmes, des pratiques ou des institutions. Il y en a beaucoup qui s’agacent par exemple contre l’enrôlement obligatoire dans Tsahal, d’autres pour qui l’idée que les bus qui passent dans le quartier soient conduit par des femmes est insupportable… Ce genre de choses. Ils peuvent contenir des mots ou phrases en yiddish et être écrits dans un hébreu archaïque. Le style peut être très affecté, scandalisé et catastrophiste. La typographie en général me fascine : les textes sont tassés et austères, ils ne lésinent pas sur l’emphase en utilisant des grandes tailles de caractères en jouant sur la graisse et en mélangeant plusieurs fontes.

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Le malheureux destin hébraïque du mot français « coccinelle »

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Une coccinelle. Source : Wikipedia

Lors de la journée de l’hébreu, il y a plus d’un an, un professeur nous demanda quel était notre mot hébreu préféré. Ce fut dur de répondre à cette question et je n’y arrivai pas vraiment. Il y a beaucoup de mots que j’aime. Suite à la victoire de la France à la coupe de monde de football 2018, l’Académie publia une liste de mots hébreux d’origine française : chef, classeur, bagage, trottinette (qui, après une métathèse et une assimilation un peu violentes, devint « corquinette »), biscuit (prononcez biscvouit), tricot (peut désigner un t-shirt), pouf, carré et crème. Je réalisai qu’il manquait à cette liste un mot français. Et ce mot-là, ce joli mot-là, ce mot que j’aime, hé bien je déteste ce qu’il est devenu en hébreu.

Quand un mot entre dans une langue, il a une vie propre et son sens peut se détacher de celui qu’il a à l’origine. Le mot קוקסינל, coccinelle, a vécu ce processus de manière radicale. Coccinelle en hébreu est une insulte homophobe et transphobe.

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Vacances !

Le blog part en vacances. Rendez-vous à la rentrée avec :

Mhmm… Mais comment vais-le lire tout ça ? Heureusement, j’ai déjà dû en lire une bonne moitié.

Je vous laisse en musique, avec une chanson de Berry Sakharof et Balkan Beat Box. Bon été !

Nouvelle rubrique : ילדים ונוער (enfants et jeunesse)

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Adam Tsa’ir, un excellent mensuel pour les 7–11 ans.

Je crée une nouvelle rubrique pour mon blog : ילדם ונוער (enfants et jeunesse). Ça m’a pété après avoir lu deux livres écrits dans un hébreu particulièrement dur (notez que quand il y plein de mots d’origine araméenne, on vous la joue façon connoisseur). Je voulais des textes plus accessibles. Depuis une ou deux semaines, j’écume la littérature jeunesse et les livres pour enfants. Je me dis que ça pourrait plaire aussi aux hébraïsants qui ne se sentent pas prêts encore pour Amos Oz ou Zeruya Shalev (en vrai, eux, ce ne sont pas les plus inaccessibles !) ou bien aux Israéliens vivant en France qui cherchent des ouvrages en hébreu pour leurs petits.

Bref ! Vous trouverez rapidement plusieurs ouvrages dans cette nouvelle rubrique, et bien sûr quelques pépites. En attendant, vous pouvez vous replonger avec délice dans l’Histoire parfaite, Yoel a dit ou le merveilleux Soudain dans la forêt profonde.

Festival du cinéma israélien de Paris du 13 au 20 mars 2018

La 18e édition du festival du cinéma israélien de Paris aura lieu au Majestic Passy du 13 au 20 mars 2018. La programmation est riche et passionnante. Je regrette de ne pouvoir assister aux débuts du festival, j’essaierai de me rattraper en fin de semaine !

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Un an d’histoires et de chants

Et voilà, cela fait un peu plus d’un an que j’écris ce blog et je suis toujours aussi heureux de l’alimenter ! C’est un exercice un peu prenant, mais qui me permet aussi de mesurer mes progrès et de garder une trace de mes lectures. Vous avez peut-être vu dans le menu du blog des liens vers le réseau social dédié à la lecture : GoodReads. Je m’y suis récemment créé un compte. N’hésitez pas à m’y rejoindre. C’est sans doute à cet endroit que vous pourrez découvrir que je ne lis pas que de la littérature hébraïque. J’ai aussi ajouter un lien vers mon blog « pro », Eproto, si la vie d’un informaticien dans la fonction publique vous émeut.

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