Ronit Chacham, Tamar Vereta-Zehavi — La révolte de Mon [he] (2018)

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La révolte de Mon (המרד של מון) commence par une préface où quelqu’une annonce qu’elle doit écrire l’histoire de sa famille et ce qui lui est arrivé. Mon, la narratrice, a six ans quand sa famille cherche à fuir son pays, pour échapper à la nouvelle reine autoritaire et raciste qui compte faire assassiner son père parce qu’il est noir. Durant les préparatifs précipités de la fuite, le père de Mon intime l’ordre à sa fille de ne rien dire et de ne pas pleurer. Malheureusement, au moment de partir, la mère de Mon, enceinte de jumeaux, doit accoucher. Seul le père fuit, avec leur chien Si. Choquée, Mon n’est plus un mesure de prononcer un mot, elle devient muette.

Mon et sa famille devront se plier sous le joug de la nouvelle autorité. Spoliés de leurs biens, expropriés et relogés dans une remise, la plupart de leurs droits leur sont retirés.

La révolte de Mon est un roman pour 10–15 ans. L’écriture est agréable, le vocabulaire très accessible et simple. Injustice, solidarité, division, entraide, délaissement, responsabilité, humiliation, soutien, désespoir, amour, exploitation, soulèvement, le roman traite à peu près tous ces sujets, à travers les yeux d’une jeune fille qui ne s’exprime que sous forme de dessins. Une place considérable dans le récit est laissée à tous les membres de la famille, souvent observés en silence par Mon. Elle exprime parfois ses émotions vis-à-vis des autres, elle est parfois elle-même au cœur de l’action.

Il y a beaucoup d’intelligence, de bienveillance dans la manière dont ce texte a été écrit. Il aborde de nombreux sujets graves tout en restant relativement léger et adapté à un jeune public. Le seul regret que j’ai est que sans m’être ennuyé, je n’ai pas vraiment  réussi à rentrer dans l’histoire ni à m’impliquer émotionnellement pour ses héros. Peut-être que ces derniers ne sont pas assez mis en danger, peut-être que la morale est trop visible.

Si vous avez comme moi l’impression d’avoir un niveau d’hébreu misérable en lisant Zeruya Shalev, Amir Gutfreund ou Ha’aretz, ce genre de livre est particulièrement rassurant. Personnellement, je vais continuer de m’en programmer çà et là, pour avoir de temps en temps l’impression d’être super fort en hébreu. En plus, j’aime bien les livres illustrés. Les illustrations de Silvia  Haviv sont à ce propos très agréables.

רונית חכם ותמר ורטה-זהבי, המרד של מון, איורים: סילביה כביב, הקיבוץ המאוחד, 2018. לקנות באתר סימניה. הספר אצל נוריתה.

Publié par

Nicolas Legrand

J'aime beaucoup la clarinette et l'hébreu. Parfois, je fais de l'informatique en bibliothèque.

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