Hila Ruach — rofaa ba maarav (2015)

« Une ourse grizzli m’a élevée,
Le lait d’étoiles était ma nourriture la plus chère,
La première chose que je vis des jours de ma vie et dont j’avais l’intention de me rappeler,
C’était moi. Comment pourrais-je oublier ? »
Yona Wallach — Ourse Grizzli.

a1512707431_10Le titre de l’album de Hila Ruach, rofaa ba maarav (רופאה במערב), « femme médecin à l’ouest », est-il une référence au sous-titre hébraïque de la série Docteur Queen, femme médecin, et si oui, que signifie-t-elle ? Je ne suis pas sûr de comprendre et ce n’est pas très grave. Ce qui est important, c’est de savoir que c’est un de mes albums de rock indé israélien préféré. C’est sur ourse grizzli (douba grizzlit, דובה גריזלית), un texte de Yona Wallach, que tout commence. Le poème est prononcé avec une voix détachée, soutenue par une grosse basse appuyée d’une batterie, de guitares électriques et de synthétiseurs. Je suis tombé amoureux du disque lors de ma première écoute, au moment où Hila chante « comment pourrais-je oublier » (‘aich ‘ouchal lishkoah, איך אוכל לשכוח). J’ai mis plus ou moins de temps à apprivoiser les autres pistes, mais le verdict est sans appel : cet album est un bijou.

Rofaa ba maarav est fait de compositions minimalistes servies par un gros son. La voix blasée d’Hila Ruach chante, dans un hébreu très accessible, des histoires grinçantes, absurdes ou délirantes dans lesquelles il y a toujours une pointe d’humour. Ainsi dans aimé (ahouv, אהוב), la 3e piste, l’aimé d’Hila la quitte pour une femme plus jeune, puis il semble aussi vouloir tuer Hila. On comprend plus loin que  c’est parce qu’Hila l’a trompé et que son fils n’est pas de lui. Mais bon voilà, il le savait et elle a même déjà demandé pardon. Ces séquences sont coupées par un refrain exagérément théâtral « Le soleil brillera encore / L’aimé de mon cœur est parti » (hashemesh ‘od tizrah / ahouv sheli alach השמש עוד תזרח, אהוב ליבי הלך). Cette emphase sur le refrain est un de ces moments qui me fait fondre. Il existe une version acoustique de cette chanson sur Indie City :

J’aime aussi beaucoup la 7e piste, princesse (nessicha, נסיכה) quand elle dit d’une petite voix pleine d’animosité « je te sauterai dessus quand tu ne feras pas attention, je suis petite, mais je suis dangereuse ». Il existe une version avec orchestration minimaliste sur Balcony TV Tel Aviv :

L’hébreu est facile, le propos amusant, la musique excellente. Chaque piste contient au moins un petit quelque chose qui m’a réjoui. L’ensemble est peaufiné avec soin, sans faire perdre la fraîcheur des élans de Ruach. C’est encore une belle réussite de chez Nana Disc, presque tout de que j’aime vient de cette maison de disque. Parfois, je me dis que ma veille musicale israélienne pourrait se contenter de suivre leurs sorties. N’hésitez pas à craquer pour le CD si vous êtes collectionneur, le boîtier en carton est élégant à souhait.

הילה רוח, רופאה במערב, נענע דיסק, 2015.

Publié par

Nicolas Legrand

J'aime beaucoup la clarinette et l'hébreu. Parfois, je fais de l'informatique en bibliothèque.

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