Hadas Kleinman, Aviv Bachar — Pa’am akhat (2017)

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Bachar et Kleinman, duo folk voire folktronica, propose ici un album très doux, très calme, plein de mélancolie, de mal-être, de poésie. La musique triste a la délicieuse vertu de me rassurer, je recommande particulièrement celle-ci pour accompagner agréablement les insomnies. Pa’am akhat (une fois, פעמ אחת) a été enregistré durant un hiver à Berlin. L’album est à l’image des photos du duo dans l’album : en noir et blanc, sombre, dépouillé, réfléchi,  élégant, contemplatif. Les paroles sont simples, en hébreu parlé, elles évoquent la solitude, la peur, la séparation, l’éloignement.

Plus je l’écoute, plus je l’aime.

La première piste qui donne son nom à l’album me plaît en particulier, parce que je me reconnais dedans. Aviv parle d’un moment très attendu qui arrive enfin, comme le moment où la terre craquelée (adama sdouka, אדמה סדוקה) reçoit enfin  la pluie. Mais quand ce qu’il attend arrive, il est hésitant et n’arrive pas à l’accepter. Alors il demande qu’une fois, juste une fois (pa’am akhat, raq pa’am akhat, פעם אחת, רק פעמ אחת) il ne fuie pas et reçoive ce qui est bon quand cela arrive.

J’aime aussi beaucoup la sixième piste, la maison écrite et chantée par Hadas, j’ai rarement eu autant l’impression d’entendre quelque chose que j’ai tellement ressenti :

Aujourd’hui je suis prête à montrer
Ce qui me fait mal
Ce qui me réduit en petits morceaux
Je ne peux pas respirer
Je n’ai pas d’air
Je n’ai pas de maison

Ce n’est pas assez, ce n’est pas assez
Ce n’est vraiment pas assez douloureux
C’est dangereux d’avoir des sentiments ici.

Aujourd’hui, je suis prête à aimer
Ce qui m’appelle
À sortir et à fuir
Ce qui m’emportera dans les profondeurs des profondeurs
Où il y a la rédemption
Où il y a une maison
La maison.

Ce n’est pas assez, ce n’est pas assez
Ce n’est vraiment pas assez douloureux
C’est dangereux d’avoir des sentiments ici.

Même si je mets ces deux pistes en avant, c’est tout l’album que j’aime. Hadas et Aviv se complètent, s’accompagnent avec une symbiose étonnante et rare. Sur cette œuvre, on distingue un peu moins bien le violoncelle d’Hadas que sur leurs travaux précédents. S’il est beaucoup masqué par des effets électroniques, ces derniers sont plutôt réussis et ne font pas trop regretter le timbre naturel de l’instrument. Écoutez, vous verrez.

פעם אחת,הדס קליינמן ואביב בכר, נענע דיסק, 2017.

 

Publié par

Nicolas Legrand

J'aime beaucoup la clarinette et l'hébreu. Parfois, je fais de l'informatique en bibliothèque.

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