Amir Ziv — Quatre pères [he] (2017)

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Hé bien. Cela fait quelque jour que j’ai posé le livre et il continue de me tourmenter. Voilà un roman sur la paternité qui remue, écrit avec beaucoup de style et d’inventivité.

La première partie du livre, intitulée : 1961, Le premier, est un échange épistolaire entre un vieux pédant au registre de langue très élevé et un fonctionnaire de la ville de Tel Aviv. Buchmiller, le vieux, se plaint de sa voisine du dessus qui construit un balcon sans permis. Pour donner aux hébraïsants une idée du niveau de langue et de la patine lexicale du texte, Buchmiller désigne ledit balcon avec גזוזטרה, plutôt que l’habituelle מרפסת. L’échange formel prend rapidement une tournure inattendue et les deux hommes continuent de s’écrire.

La deuxième partie, 1993, le deuxième et le troisième, est un texte écrit à la troisième personne, découpé en chapitres non linéaires. La narration plus classique de cette partie est très réussie. Tout commence par un vétérinaire qui se dépêche sur la route pour aller chercher sa fille à l’école. Il a du sang séché sur sa montre. Le récit se focalise sur quelques moments clefs de la vie de cet homme et de sa famille. La tension de l’intrigue est prenante. Le personnage de Giora, le vétérinaire qui parle par fables tirées de ses expériences en jardin zoologique, est particulièrement réussi.

2004, le quatrième clôt le roman. Il est constitué des billets du blog d’une adolescente. Le niveau de langue est moins soutenu, le style plus frontal. Et votre estomac va se resserrer.

Ces histoires sont liées, même s’il faut du temps pour s’en rendre compte. Le thème principal du livre est la paternité, en particulier celle qui ne se passe pas bien. Les changements de style, de technique de narration tiennent éveillé jusqu’au bout. Le livre se termine avec plusieurs nœuds aux viscères et au cerveau. C’est bien.

Outre les bonnes critiques et sa nomination au prix sapir, j’avais choisi ce livre aussi parce que je trouvais la couverture jolie. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit aussi bien en rapport avec le contenu.

אמיר זיו, ארבעה אבות, תל אביב, עם עובד, 2017. מסת״ב: 978-965-13-2626-4.

 

Publié par

Nicolas Legrand

J'aime beaucoup la clarinette et l'hébreu. Parfois, je fais de l'informatique en bibliothèque.

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