Hadag Nahash — ‘Od ihyeh tov (2017)

Le nouveau clip d’Hadag Nahash  me met de bonne humeur à chaque fois que je le regarde !

‘Od ihyeh tov (עוד יהיה טוב), « ça ira à nouveau bien » reprend un classique de la chanson israélienne écrit par Shaike Paikov [he] : ‘od ihyeh tov be’erets israel (עוד יהיה טוב בארץ ישראל), « ça ira à nouveau bien en terre d’Israël ». (https://www.youtube.com/watch?v=EWa2lnwtaK4) La chanson originale est assez mélancolique, évoquant des rêves et un espoir lointain de paix. Hadag Nahash s’en réapproprie la mélodie et les thèmes avec énergie et humour. Le clip présente une mise en scène qui évoque la vingtaine d’années d’existence du groupe.

Pendant le refrain, le clip enchaîne des beaux paysages d’Israël avec au milieu une jeune fille qui se réjouit, habillée d’une robe blanche et coiffée d’une couronne de fleurs. Elle est sous-titrée avec un effet vieillot qui lui donne l’allure d’une réclame sioniste kitsch.

Sha’anan Streett est le premier à prendre la parole, l’ambiance change complètement de la version originale. Sha’anan envoie un flow rapide de hip hop combatif, sur un mode « j’ai toujours la pêche malgré toutes ces années, il ne faut pas me faire chier ». Streett tacle le Likkud, égratigne les travaillistes. Au lieu de le voir chanter lui, il est joué par un vieux moustachu suivi de son crew, du même âge, façon gangsta rap. Le MC a HaLikkud et Ha’Avoda (le parti travailliste) de tatoué dans le dos.

Le refrain revient avec la jeune fille émerveillée par la beauté de la terre d’Israël.

Dans la deuxième partie, Guy Mar prend le micro, parle de l’époque sans internet avec les gros lecteurs à double cassette. Il s’agace de ce que les problèmes de l’époque soient les mêmes que ceux d’aujourd’hui et n’aient toujours pas été réglés. Il critique le comportement de malfrat de l’État, les discriminations vis-à-vis des minorités, la colonisation. Le clip montre le groupe, dans des pauses de rappeurs des années 1980, encourageant un jeune b-boy en contre-bas.

Le refrain revient et atteint le sommet de son effet comique avec la jeune fille émerveillée devant le mur de séparation en Cisjordanie.

Dans le troisième couplet, on aspire au calme, à être tranquille chez soi à la maison, à ne plus être connecté tout le temps à tout ce qui se passe, à dialoguer sans se battre. Les paroles chantées reprennent des éléments et la mélodie de la chanson originale. Le moustachu du début promène deux femmes de son âge dans une Fiat 1100 rouge rutilante. ils chantent, puis dansent. Vulgairement.

Que voilà une belle chanson, critique et sarcastique ! Malgré l’amertume, l’énergie dégagée exprime toujours l’espoir ainsi que la fierté d’être Israélien.

Publié par

Nicolas Legrand

J'aime beaucoup la clarinette et l'hébreu. Parfois, je fais de l'informatique en bibliothèque.

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