Dana Elazar-Halev — Mission secrète No. 4, Opération Toronto [he] (2018)

988912

La série Mission secrète (שליתות חשאית) de Dana Elazar-Halev met en scène trois jeunes ados agents du Mossad. L’idée m’a d’abord paru un peu saugrenu, mais la série m’a été recommandée et la critique est généralement enthousiaste. Hé bien c’est à raison ! Je me suis beaucoup amusé à lire ce quatrième volet, Opération Toronto (מבצע טורונטו). L’hébreu est très accessible, le style agréable et c’est un vrai livre à suspens qui accroche ! Alors oui bien sûr, c’est parfois un peu tiré par les cheveux, mais je me suis laissé prendre par des pulps plus étranges encore alors je ne ferai pas la fine gueule. Curieusement, ça m’a donné envie de relire Fantômette et le Club des Cinq.

Continuer la lecture de Dana Elazar-Halev — Mission secrète No. 4, Opération Toronto [he] (2018)

Adam Tsa’ir, numéro 55, janvier 2018 — Sheleg (Neige)

עטיפה_אדם צעיר_שלג

Adam Tsa’ir [he] (אדם צעיר, le jeune humain) est un journal pour les 7-11 ans qui donne envie d’avoir à nouveau 7-11 ans pour plusieurs raisons : c’est beau, c’est bien écrit, c’est intelligent, c’est ouvert sur le monde, c’est bienveillant, c’est intéressant, c’est drôle… Chaque mois, un nouveau illustrateur talentueux illustre le journal, chaque mois il y a un nouveau sujet. Bref, vous avez compris, j’ai fondu pour ce numéro sur la neige [he] illustré par Shahar Kober [en].

Un format presque carré, un papier épais de belle qualité, une jolie mise en page, l’opus commence par un éditorial imaginant Tel Aviv sous la neige, chose qui n’est pas arrivée depuis les années 1950, alors que d’autres parties du pays comme Jérusalem continuent de voir occasionnellement la neige. Bien, qu’avons-nous ensuite ?

Continuer la lecture de Adam Tsa’ir, numéro 55, janvier 2018 — Sheleg (Neige)

Avirama Golan — Peut-être qu’un écureuil viendra [he] (2017)

 

ulay_yavo_snai2Peut-être qu’un écureuil viendra  (אולי יבוא סנאי) est un livre pour enfant en hébreu d’Avirama Golan, très joliment illustré par Raaya Karas. L’histoire se déroule en suivant les jours de la semaine. Chaque jour, Éla prend avec elle à manger pour elle, ainsi qu’une noisette, parce que peut-être qu’un écureuil viendra. Chaque jour, elle rencontre un nouvel animal qui lui demande quelque chose qu’il aime manger et qu’elle n’a pas. Le jour suivant, elle prend de la nourriture pour chaque animal qu’elle a rencontré ainsi qu’une noisette, parce que peut-être qu’un écureuil viendra.

Continuer la lecture de Avirama Golan — Peut-être qu’un écureuil viendra [he] (2017)

Roei Freilich — Ma’ale ‘ashan (2014)

a4037994347_10

Ma’ale ‘ashan (מעלה עשן, « je fume » dans le sens colère contenue) est un excellent album. Roei Freilach fait un genre de new new wave délicieuse. Cela me rappelle un peu Pony Hoax. Les paroles et le chant sont en contrepartie plus humoristiques avec un côté pince-sans-rire façon Morrissey, sauf que je trouve Morrissey plus drôle. En effet le rôle d’amant déçu, dragueur, voire harceleur de Freilich ne trouve pas grâce à mes yeux. Son hébreu est assez ampoulé et finalement sibyllin ou ambigu. C’est dommage parce que la musique est parfaite.

Je ne t’en veux pas trop Roei, parce que tu me fais danser et c’est déjà beaucoup. Mais tu aurais pu devenir un de mes chouchous sans ces défauts.

רועי פרייליך, מעלה עשן, נענע דיסר, 2014.

 

Ronit Chacham, Tamar Vereta-Zehavi — La révolte de Mon [he] (2018)

6229(2)

La révolte de Mon (המרד של מון) commence par une préface où quelqu’une annonce qu’elle doit écrire l’histoire de sa famille et ce qui lui est arrivé. Mon, la narratrice, a six ans quand sa famille cherche à fuir son pays, pour échapper à la nouvelle reine autoritaire et raciste qui compte faire assassiner son père parce qu’il est noir. Durant les préparatifs précipités de la fuite, le père de Mon intime l’ordre à sa fille de ne rien dire et de ne pas pleurer. Malheureusement, au moment de partir, la mère de Mon, enceinte de jumeaux, doit accoucher. Seul le père fuit, avec leur chien Si. Choquée, Mon n’est plus un mesure de prononcer un mot, elle devient muette.

Continuer la lecture de Ronit Chacham, Tamar Vereta-Zehavi — La révolte de Mon [he] (2018)

Dorit Rabinyan — Une chatte et un lièvre échangent leurs maisons [he] (2018)

עטיפה_-_חתולה_וארנבון_מחליפים_בתים(2)

« Tu fais quoi ce week end, le lièvre ?
— Salut la chatte. Rien du tout, tu as une idée ?
— J’ai pensé que peut-être… Nous pourrions échanger nos maisons ?
— Émanger nos chaisons ?
— Juste un jour ou deux…
— C’est une proposition géniale !
— Un peu séparément puis un peu ensemble…
— Super !
— À la ville tu feras le touriste, et moi je serais invitée à la campagne.  »

Le début de l’histoire est dans le 4e de couverture que je viens de traduire. Au début du livre, la chatte et le lièvre se lèvent chacun de leur côté, l’une à la ville, l’autre à la campagne et ils se préparent déjà à partir l’un chez l’autre.

Une chatte et un lièvre échangent leurs maisons (חתולה וארנבון מחליפים בתים) est un livre pour enfants écrit par Dorit Rabinyan et illustré par David Hall. Pardon. Une chatte et un lièvre échangent leurs maisons est un MAGNIFIQUE livre pour enfant écrit tout en poésie par Dorit Rabinyan et illustré superbement par David Hall. Je voulais le lire parce qu’il était de Dorit Rabinyan, je ne m’attendais pas à tomber sur une telle merveille.

Continuer la lecture de Dorit Rabinyan — Une chatte et un lièvre échangent leurs maisons [he] (2018)

Nouvelle rubrique : ילדים ונוער (enfants et jeunesse)

אדם צעיר_גליון 57_עטיפה
Adam Tsa’ir, un excellent mensuel pour les 7–11 ans.

Je crée une nouvelle rubrique pour mon blog : ילדם ונוער (enfants et jeunesse). Ça m’a pété après avoir lu deux livres écrits dans un hébreu particulièrement dur (notez que quand il y plein de mots d’origine araméenne, on vous la joue façon connoisseur). Je voulais des textes plus accessibles. Depuis une ou deux semaines, j’écume la littérature jeunesse et les livres pour enfants. Je me dis que ça pourrait plaire aussi aux hébraïsants qui ne se sentent pas prêts encore pour Amos Oz ou Zeruya Shalev (en vrai, eux, ce ne sont pas les plus inaccessibles !) ou bien aux Israéliens vivant en France qui cherchent des ouvrages en hébreu pour leurs petits.

Bref ! Vous trouverez rapidement plusieurs ouvrages dans cette nouvelle rubrique, et bien sûr quelques pépites. En attendant, vous pouvez vous replonger avec délice dans l’Histoire parfaite, Yoel a dit ou le merveilleux Soudain dans la forêt profonde.

Tous des oiseaux — Wajdi Mouawad (2017)

Screenshot from 2018-03-12 14-37-39
Affiche de la pièce

L’unique raison pour laquelle je suis allé voir la pièce Tous des oiseaux au théâtre de la Colline, c’est qu’elle avait été écrite par Wajdi Mouawad qui est un génie. Je n’ai ni l’hébreu ni Israël comme seuls intérêts dans la vie. Le hasard fait que cette pièce écrite en français et jouée en anglais, allemand, hébreu et arabe se passe en grande partie en Israël. Et évidemment, c’est génial. Bref, je vais me faire un plaisir de vous en parler.

Dans une bibliothèque new-yorkaise, Eithan, un biologiste, et Wahida, une chercheuse en sciences humaines, se rencontrent autour d’un livre de Hassan Ibn Muhamed el Wazzân, diplomate Marocain qui après s’être fait capturer par des pirates chrétiens se convertit au christianisme. Les deux tombent amoureux, mais les choses se compliquent vite, le père d’Eithan, israélien raciste et revanchard, est particulièrement hostile au fait que son fils vive avec une Arabe. Cette crise est le point de départ d’une quête de l’identité des deux jeunes héros.

Continuer la lecture de Tous des oiseaux — Wajdi Mouawad (2017)

Hila Ruach — rofaa ba maarav (2015)

« Une ourse grizzli m’a élevée,
Le lait d’étoiles était ma nourriture la plus chère,
La première chose que je vis des jours de ma vie et dont j’avais l’intention de me rappeler,
C’était moi. Comment pourrais-je oublier ? »
Yona Wallach — Ourse Grizzli.

a1512707431_10Le titre de l’album de Hila Ruach, rofaa ba maarav (רופאה במערב), « femme médecin à l’ouest », est-il une référence au sous-titre hébraïque de la série Docteur Queen, femme médecin, et si oui, que signifie-t-elle ? Je ne suis pas sûr de comprendre et ce n’est pas très grave. Ce qui est important, c’est de savoir que c’est un de mes albums de rock indé israélien préféré. C’est sur ourse grizzli (douba grizzlit, דובה גריזלית), un texte de Yona Wallach, que tout commence. Le poème est prononcé avec une voix détachée, soutenue par une grosse basse appuyée d’une batterie, de guitares électriques et de synthétiseurs. Je suis tombé amoureux du disque lors de ma première écoute, au moment où Hila chante « comment pourrais-je oublier » (‘aich ‘ouchal lishkoah, איך אוכל לשכוח). J’ai mis plus ou moins de temps à apprivoiser les autres pistes, mais le verdict est sans appel : cet album est un bijou.

Continuer la lecture de Hila Ruach — rofaa ba maarav (2015)

Yirmi Pinkus — Célibataires et veuves (2017)

bachelorsandwidows_master

J’avais très envie de lire ce recueil de quatre nouvelles, unanimement salué par la critique. Il est fait d’histoires de paliers, de corridors et de voisinage dans le vieux nord telavivien, à l’exception de la quatrième histoire se déroulant en Suisse. Falots, feutrés, solitaires, souvent distants, les héros ashkénazes transpirent dans ces récits une politesse froide qui exprime rarement son opinion, mais n’en pense pas moins.

Continuer la lecture de Yirmi Pinkus — Célibataires et veuves (2017)